*Certains liens dans cet article ne sont disponibles qu'en anglais.

« Je regardais anxieusement par la fenêtre dans l’espoir de voir notre voiture entrer dans l’allée et je priais pour qu’aucune voiture de police ne se présente. Je me disais que de toute façon, ces choses-là n’arrivent que dans les films. Mais l’impensable s’est produit : à 20 h, une voiture de police s’est stationnée de l’autre côté de la rue. Ils ont sonné à la porte et nous ont dit que Jeremy était mort au travail. »

Le fils d’Elisa Kilbourne, Jeremy Bowler, est décédé à son emploi d’été à l’âge de 21 ans. Voici son histoire. 

Jeremy était un de ces enfants dont le sourire éclairait la pièce et tout le monde semblait attiré par lui. Il avait de très bons résultats scolaires. Alors qu’il débutait sa quatrième année d’études en criminologie, il souhaitait se joindre aux forces de l’ordre. Il adorait le plein air et il adorait les sports. Mon frère avait l’habitude d’emmener Jeremy à Killarney avec sa famille et il adorait les feux de camp et manger des s’mores et toutes ces bonnes choses. Il a commencé à jouer au baseball et il est devenu un très bon lanceur. C’était un bon garçon et je suis fière de tout ce qu’il a accompli pendant sa courte vie.

Au printemps 2013, il a commencé à travailler pour une organisation de location de chapiteaux et d’équipement événementiel. Ils étaient une équipe de six personnes qui montaient les chapiteaux, installaient les tables et les chaises, puis ramassaient et rangeaient le tout jusqu’à la prochaine fois. Cela ne m’inquiétait pas vraiment. Je veux dire, ma principale préoccupation était l’épuisement par la chaleur et je savais qu’ils utiliseraient une grosse masse pour enfoncer des pics dans le sol. Et les ampoules, vous savez, ce genre de choses. Je supposais qu’ils avaient suivi toute la formation nécessaire, mais ce n’était de toute évidence pas le cas.

Voici ce qui est arrivé : l’équipe de six est arrivée tard à la maison de campagne où ils devaient installer le grand chapiteau pour un mariage qui devait avoir lieu cette fin de semaine là. La mariée leur a dit où installer le chapiteau et les garçons ont déchargé les véhicules et se sont mis au travail. (Plus tard, il a été confirmé qu’ils n’avaient pas suivi de formation sur la sécurité, qu’aucun superviseur n’était présent et que le site de travail n’avait pas été inspecté.) Ils se trouvaient sous le chapiteau, monté à environ trois quarts, pour installer un poteau à l’aide d’un dispositif de suspension, quand le poteau est entré en contact avec une ligne électrique aérienne. Des cinq jeunes hommes qui ont subi une décharge électrique, un a subi des blessures mineures, deux ont été sérieusement blessés et un a été très sérieusement blessé. L’électrocution de Jeremy a été fatale. 

Que souhaitez-vous que les parents de jeunes adultes, et aussi les jeunes travailleurs eux-mêmes, sachent?

  • L’enseignement de pratiques de sécurité devrait débuter bien avant que vos enfants ne commencent à travailler. Cet enseignement doit commencer à la maison pour qu’ils conservent ces habitudes au travail. Cela signifie que les parents et les soignants respectent des pratiques sûres à la maison et qu’ils parlent de bonnes et de mauvaises choses qui se produisent au travail. Quelle approche ont-ils adaptée pour ce qui est de donner son avis?
  • Demandez à votre enfant ce qu’il pense être ses droits à titre d’employé. Honnêtement, je ne savais pas que ces trois droits spécifiques à la santé et à la sécurité au travail et qui protègent les travailleurs au travail existaient : le droit d’être informé des questions de santé et sécurité, le droit de participer et de contribuer, et le droit de refuser un travail dangereux. Il est important de parler de ce que chacun de ces droits implique. Vous trouverez de l’information pertinente sur les sites des deux organismes Workplace Safety & Prevention Services (WSPS) et le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail (CCHST).
  • Demandez à votre enfant ce qu’il a appris à l’école en matière de sécurité au travail. L’école ou la classe doit-elle livrer un message de sécurité aux étudiants? Le WSPS peut proposer un atelier [ajouter le lien] ou bien un conférencier de Threads of Life peut partager son histoire personnelle. L’une des meilleures façons dont vous pouvez faire en sorte que la sécurité compte est sans aucun doute de la rendre personnelle pour que les gens puissent s’y identifier. 
  • Je travaille dans un environnement où la sécurité est mise au premier plan et je supposais que c’était la norme. S’il vous plaît, ne partez pas du principe que tous les lieux de travail sont égaux en matière de formation. En effet, ils ne voient pas tous la sécurité de leurs employés de la même manière, ils n’agissent pas tous de la même manière et ils ne sont pas tous respectueux des règles.
  • Quand votre enfant se présente à une entrevue, demandez-lui de regarder autour de lui pour voir s’il y a lieu de s’inquiéter de quelque chose. Par exemple, l’équipement semble-t-il bien entretenu ou donne-t-il l’impression de tomber en morceau? Parce que s’ils ne prennent pas soin de leur équipement, il y a de bonnes chances qu’ils ne prennent pas soin de leurs employés.
  • Un équipement de protection individuelle (ÉPI) est-il requis? Est-ce à l’employé de l’acheter ou est-il fourni? Voici des questions que votre enfant pourrait poser pendant l’entrevue : « Quelle est votre devise de sécurité? » et « Quelle formation de sécurité offrez-vous pour ce poste? »
  • Demandez à votre enfant quelle formation ou orientation il a reçue à sa première journée de travail. D’autres formations seront-elles offertes? Est-ce que tout le monde a pris la formation au sérieux, ou ont-ils mal évalué son importance? Posez des questions plus approfondies, au lieu de vous contenter d’une réponse courte. Demandez si quelque chose le met mal à l’aise et proposez-lui de l’aider à trouver un moyen de parler à son superviseur pour qu’il puisse demander plus de formation de manière proactive. Faites le suivi avec votre enfant quelques jours plus tard.
  • Encouragez votre enfant à chercher de l’information sur internet sur les dangers courants liés à ce type de travail. Élaborez un plan ensemble pour que votre enfant puisse poser d’autres questions, au besoin. Encouragez-le et apprenez-lui qu’il n’y a pas de mal à poser ces questions et que c’est vraiment important.
  • Faites confiance à votre instinct. Pour votre enfant, rappelez-lui d’arrêter si quelque chose le met mal à l’aise. Il peut évaluer l’environnement, poser des questions et rectifier les mesures de sécurité avant de commencer. Ma mère ou mon père seraient-ils d’accord pour dire que ceci est sécuritaire? Comme parent, si vous entendez votre enfant dire qu’il est insatisfait de son travail, est-ce à cause d’une véritable préoccupation de sécurité? Dans l’affirmative, intervenez, posez des questions, rappelez à votre enfant que les employés ont des droits et expliquez-lui comment il peut approcher son superviseur. Si l’employeur refuse de mettre en place ou suivre des mesures de sécurité, souvenez-vous qu’AUCUN chèque de paye ne vaut le bien-être de votre enfant, AUCUN
  • S’il ne veut pas vous écouter, parce que vous êtes son parent, y a-t-il quelqu’un d’autre, comme un proche ou un ami de la famille, à qui votre enfant se confie? Cette personne est peut-être capable de faire passer le message. 
  • Bien que nous pensions tous que nos enfants sont la septième merveille du monde, ils ne sont pas parfaits et ils ne sont pas invincibles. Plus tôt nous, les parents, en prenons conscience, plus nous pourrons aider à les protéger tout en leur laissant devenir des adultes et se transformer en la personne qu’ils deviendront.